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par The Inquirer Team: Mercredi 28 Mars 2007, 11:49
La Sibérie, cette région de Russie historiquement connue pour ses camps de travail, veut aujourd’hui s’imposer comme la nouvelle Silicon Valley.
Implantée au sud de Novossibirsk, la ville d’Akademgorodok est devenue un véritable eldorado pour les sociétés technologiques. Avec ses centres scientifiques, ses instituts technologiques et ses universités, elle est le berceau de la haute technologie russe.
Surnommé “Silicon Forest”, ce pôle technologique enregistre aujourd’hui une croissance de 15 pour cent par an. Si son influence demeure encore limitée à l’échelle mondiale, la ville sibérienne attire néanmoins de plus en plus de grands noms, comme Intel par exemple.
Akademgorodok a également bénéficié du soutien du gouvernement de Vladimir Poutine qui a contribué de l’ordre de 100 millions de dollars au financement d’un centre d’affaire technologique dont les coûts de construction se sont élevés à $650 millions.
Avec une population pourtant très largement inférieure, la Russie compte presque autant de diplômés en science et en technologie que l’Inde. Steve Chase, président d’Intel Russie, aurait déclaré : “Si vous avez quelque chose d’ardu à faire, confiez-le aux américains. Si c’est difficule, donnez-le aux indiens. Et si c’est impossible, adressez-vous aux russes”.
Akademgorodok
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Akademgorodok (russe Академгородо́к) est située à quarante kilomètres au sud de Novossibirsk (une ville de Sibérie, en Russie). Construite au milieu d'une forêt de bouleaux et de pins, elle se situe également sur les rives de la Mer de l'Ob, un réservoir artificiel créé sur la rivière Ob. Administrativement, Akademgorodok fait partie du rayon soviétique de Novossibirsk (Советский район) et compte environ 60 000 habitants. Contrairement à d'autres centres scientifiques soviétiques tel que Seversk, Akademgorodok n'a jamais été une ville fermée.
Il constitue l'un des centres scientifiques les plus importants de Russie mais également une vraie petite ville. Ainsi, on dénombre des instituts de recherche, des universités, des restaurants, des magasins, des appartements, des hôtels, des cinémas... Sa construction a commencé en 1957 sur initiative de l'académicien Mikhaïl Alexeevitch Lavrentiev (Михаил Алексеевич Лаврентьев). Sur le territoire d'Akademgorodok sont rassemblés une dizaine d'Instituts de recherche scientifique, tel que l'Institut de physique nucléaire Budker. Troisième communauté de scientifiques en Russie, après Moscou et Saint-Pétersbourg, le technopôle compte 16 instituts de recherche , 6.000 étudiants et une centaine de sociétés spécialisées en informatique. Le siège de la présidence de la Division Sibérienne de l'Académie des Sciences Russe (СО РАН Сибирское Отделение Российской Академии Наук)est également situé à Akademgorodok. Le centre est également composé de l'Université d'Etat de Novossibirsk (НГУ Новосибирский государственный университет).
En 2006 a été décidée la construction d'un parc technologique sur les technologies de l'information pour un coût initial estimé de 17 milliards de roubles et une superficie de 100 hectares. Une surface de 150 km² est également réservée aux logements, auxquels s'ajouteront par la suite des centres commerciaux et de nouveaux immeubles d'habitation.
Histoire [modifier]
L'un des problèmes rencontrés par l'Union Soviétique dans les années 1950 était le développement rapide de la Sibérie. Dotée de nombreuses ressources naturelles, elle devait permettre de développer les parties orientales de l'Union. Ceci justifia la décision de construction pour la première fois d'un centre de recherche loin de Moscou et de Saint-Petersbourg (alors nommée Leningrad).
Cette décision suscita de nombreuses interrogations et de scepticisme à l'étranger mais également à l'intérieur de l'URSS. Cependant, le Parti Communiste ayant décidé cette construction, elle commenca avec tous les moyens nécessaires mis à sa disposition.
De nombreux scientifiques se rendirent ainsi au sud de Novossibirsk, où les premières maisons apparurent. La surface totale à l'époque de la construction est estimée à 700 hectares. Les pionniers reçurent tout ce dont ils avaient besoin et travaillèrent apparemment avec un enthousiasme inahabituel.
L'académicien Mikhail Alexeyevich Lavrentyev, physicien et mathématicien reconnu, est considéré comme le fondateur du projet et fut le premier président de la division sibérienne de l'Académie des sciences d'URSS. Aidé entre autres de S.L. Lobolev et de S.A. Khristianovitch, il contribua à attirer de nombreux chercheurs talentueux en Sibérie. L'avenue de la Science (Проспект Науки) fut d'ailleurs rebaptisée Avenue Lavrentyev (Проспект Лаврентьева) en 1982 pour lui rendre hommage.
Un centre scientifique [modifier]
À elle seule, Akademgorodok représente la moitié des effectifs de la division sibérienne de l'Académie des sciences de Russie. Le but initial était de mener des projets de recherche de haute qualité dans les différents domaines scientifiques. Ceci a conduit à la création dans différents domaines de nombreux instituts encore présents aujourd'hui:
- chimie : Institut de Cinétique et de Combustion, Institut de Chimie des Minéraux, Institut Vorozhtsov de Chimie Organique, Institut de Chimie des Solides et de Mécanochimie et l'Institut de Catalyse,
- informatique: l'Institut Unifié d'Informatique composé de l'Institut des Technologies calculatoires, l'Institut Ershov des Systèmes informatiques et de l'Institut de conception des équipement de traitement des données,
- mathématiques: l'Institut Sobolev, l'Institut de Mathématiques appliquées, de Mathématiques appliquées à la géophysique,
- mécanique: Institut d'Hydrodynamique, Institut de Mécanique Théorique et Appliquée, Institut Kutaledze de Physique thermique et des Mines,
- physique: l'Institut de Physique Nucléaire Budker, l'Institut de Physique des Lasers, l'Institut Unifié de Physique des Semiconducteurs, qui contient également l'Institut de Microélectronique appliquée et un institut frère à Omsk, ainsi que l'Institut d'Automatique. Ces centres disposent d'un synchrotron et d'un accélérateur de particules,
- sciences sociales: Institut d'Economie et de Génie Industriel, Institut d'Histoire, de Philosophie et de Philologie,
- sciences de la Terre: Institut de Géologie, Géophysique et de Minéralogie,
- sciences de la vie: Institut du Sol et de la Chimie Agronomique, Jardin Botanique Central de Sibérie, Institut d'Ecologie, Institut de Cytologie et de Génétique et l'Institut de Chimie Bioorganique. Ces différents instituts bénéficient de serres, de vivariums et de fermes, qui comprennent un pool génétique important d'animaux indigènes.